Quand un événement traumatisant touche quelqu’un que nous connaissons
C’était un bel après-midi. Calme. Les gens terminaient leur journée de travail et planifiaient leur soirée. Le trajet de retour à la maison et le temps passé entre amis les attendaient. Puis le monde a disparu dans une explosion.
Une coopérante internationale a été tuée. Une autre a survécu, gravement blessée. Un an plus tard, elle montre qu’elle maîtrise parfaitement sa prothèse et, les jours ou ça va – qui sont de plus en plus fréquents –, elle se réjouit à l’idée de se bâtir une nouvelle vie.
Certains de mes collègues étaient en mission avec eux. Bien qu’ils n’aient pas vécu l’explosion ni subi l’impact physique direct, ils ont été profondément affectés. Ils ont subi un traumatisme lié au stress – une véritable blessure, qui nécessite des soins et qui risque de s’aggraver si elle n’est pas traitée. Si vous et moi avions été là avec eux, qu’aurions-nous pu voir et comment aurions-nous pu aider ?
Blessures liées au stress d’un incident grave
Un incident grave est tout événement qui provoque une réaction émotionnelle très forte chez une personne, dépassant sa capacité à y faire face. Les réactions peuvent survenir immédiatement ou quelque temps après l’événement. Si la réaction est durable, elle peut se transformer en traumatisme.
Une personne qui se sent dépassée par les événements peut présenter des symptômes physiques. Elle peut d’abord sembler figée. Quelques minutes ou quelques heures plus tard, on peut observer des tremblements, des nausées, des pleurs, une faiblesse, une hyperactivité ou de la transpiration. Dans les jours qui suivent, elle peut avoir des troubles du sommeil et des cauchemars, perdre l’appétit et se sentir fatiguée. Le stress perturbe son système immunitaire et elle peut être vulnérable aux rhumes ou souffrir de problèmes gastriques.
Elle peut se trouver dans un état émotionnel inhabituel. Elle peut donner l’impression d’être en deuil. Notre amie, auparavant imperturbable, peut voir sa confiance en elle ébranlée et se sentir désespérée ou déprimée. Elle peut être effrayée et en colère – ou même se sentir coupable de ne pas avoir, d’une manière ou d’une autre, empêché l’événement ou fait quelque chose pour y remédier.
Il se peut qu’elle n’ait plus les idées claires. Elle pourrait avoir du mal à se concentrer, être distraite et avoir du mal à prendre des décisions. Elle pourrait se montrer méfiante et facilement surprise. Et à travers tous ces symptômes, elle peut être effrayé par ses propres réactions et craindre de « perdre la tête ».
Elle a besoin d’aide. Que pouvons-nous faire pour elle ?
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Si vous ou ces personnes êtes en contact avec CANADEM, contactez immédiatement le service « Déploiement et devoir de diligence », qui pourra vous apporter son soutien à tous les deux.
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Veillez à ce que leurs besoins physiques soient satisfaits. Emmenez-les dans un endroit sûr et calme. Assurez-vous qu’elles aient de l’eau potable et encouragez-les à boire. Prévoyez des repas nutritifs pour les jours suivants et encouragez-les à manger, même si elles n’en ont pas envie.
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Rassurez-les en leur disant que leurs réactions sont normales et que les choses vont s’améliorer.
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Restez à leurs côtés. Laissez-leur de l’espace quand elles le souhaitent, mais restez disponible si elles ont besoin de parler ou d’une caresse.
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Aidez-les à prendre contact avec leurs amis et leur famille dont elles craignent l’inquiétude.
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Cela les aidera si les personnes à qui elles parlent de ce qui s’est passé les comprennent vraiment. Quand elles disent « tu vois ce que je veux dire ? »… elles ont besoin de personnes capables de répondre sincèrement « je vois ce que tu veux dire ».
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Protégez-les des médias, des curieux et de toute autre personne qui ne leur sera d’aucune aide.
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Ne les considérez pas comme des personnes impuissantes. Impliquez-les dans les décisions concernant le travail… et comprenez qu’elles ont besoin de plus de temps.
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Encouragez-les à se reposer, même si elles ont du mal à dormir. Le repos aidera à guérir.
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Encouragez-les également à faire de l’exercice. Vous pourriez par exemple marcher ensemble, ou leur proposer de vous accompagner pour une partie de tennis. L’exercice et la respiration peuvent permettre à davantage d’émotions de remonter à la surface, et leur permettre d’exprimer leurs sentiments sans chercher à tout régler. Rassurez-les, encore une fois, en leur disant que ce qu’elles ressentent est normal.
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Encouragez-les à ne pas prendre de décisions importantes tout de suite. Laissez d’abord la guérison s’opérer.
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Si eux ou vous vous inquiétez que leurs réactions soient très vives ou prolongées, aidez-les à entrer en contact avec un professionnel qui pourra les aider.
Merci. Vous et moi aurions très probablement été bouleversés par cet incident nous aussi. Le fait d’être à leurs côtés et de les aider peut être bénéfique pour nous tous. Nous examinerons de plus près nos propres réactions dans la prochaine Note.
Ressources
Une formation aux premiers secours physiques peut sauver une vie. La formation aux premiers secours psychologiques (PSP) est également importante, en particulier dans le cadre de missions à haut risque ou stressantes. Elle donne à vos collègues les outils nécessaires pour réagir et aide à prémunir les personnes contre l’impact du stress.
Un guide rapide et utile, facile à consulter lorsque l’un de vos proches est confronté à un incident grave, peut être téléchargé sur votre téléphone intelligent. Vous le trouverez ici : https://www.nctsn.org/resources/pfa-mobile.
L’Organisation mondiale de la santé a publié un manuel sur les premiers secours psychologiques destiné aux intervenants sur le terrain. Il vaut la peine d’être téléchargé et lu. Voici le lien : https://www.who.int/publications/i/item/9789241548205. Il est très facile à utiliser. En voici un extrait :
