Notre impression sur place
Ce n’était pas une zone de guerre. Ce n’était pas un poste difficile. L’électricité fonctionnait, la nourriture était délicieuse. Mis à part des conducteurs imprévisibles et quelques policiers sous-payés, il n’y avait rien à redire. Et j’avais, en silence, la nostalgie de chez moi.
Bon, d’accord. Ce n’était pas parfait. La langue était différente. Il faisait chaud. Peut-être que si j’avais été à Londres, j’aurais été plus heureux. Et peut-être pas. J’ai lu que les Canadiens en mission de longue durée ont le plus de mal à s’adapter aux villes étrangères, comme Washington, Paris… et Londres.
Nulle part n’est comme chez soi. J’ai entendu de nombreux récits de personnes déconcertées par les magasins, les réseaux de métro, les normes sociales et une solitude inattendue dans des endroits qui, par ailleurs, ressemblent à ceux où elles ont grandi. Dans des missions plus difficiles, nos réactions sont moins surprenantes, mais similaires.
Que nous arrive-t-il ?
Il y a des étapes prévisibles dans l’adaptation à la vie et au travail dans un nouvel endroit.
Le chaos avant le départ.
Il y a l’excitation d’avoir été choisi, de se documenter sur la nouvelle destination, d’acheter les choses dont on imagine avoir besoin. Il y a la panique de faire ses boîtes, de terminer son travail, de trouver quelqu’un pour s’occuper de ses animaux domestiques et de dire « au revoir » à tout le monde. Le choc émotionnel nous frappe par cycles de quelques heures, et non sur plusieurs jours. Stratégie : sachez qu’une fois dans l’avion, tout ce chaos disparaîtra. Quelqu’un d’autre s’occupera des détails restants. En attendant, soyez indulgent avec vous-même. Faites-vous plaisir. Demandez de l’aide à vos amis. Ils vous seront reconnaissants de cette occasion. Faites-leur payer les friandises.
La lune de miel à l’arrivée.
Je suis là. Après avoir tout imaginé et créé des problèmes, je suis arrivé ! Je respire l’air. Ma peau s’éveille à de nouvelles sensations. Mes pieds foulent une terre différente. Que quelqu’un prenne une photo, vite ! Profitez-en. La vie reprendra son cours normal bien assez tôt.
Déni et déclin.
Notre tête n’arrête pas de nous dire qu’on adore ça. Notre instinct dresse une liste : des conducteurs fous, des rues bruyantes la nuit, pas de beurre d’arachides, des collègues qui n’ont pas été informés de mes qualités et ne semblent pas reconnaître ma valeur, des soupers en solo et de longues soirées, des messages de la maison nous disant qu’ils s’amusent comme des fous sans moi – ou pire encore, qu’ils traversent une crise dont on craint qu’elle soit de notre faute parce qu’on n’est pas là. Stratégie : Faites deux listes. Sur l’une, notez vos « réussites et récompenses ». Reconnaissez et notez les problèmes résolus et les nouvelles expériences agréables. Trouvez les sources de joie et de satisfaction dans ce nouvel endroit et suivez-les. Sur l’autre liste, énoncez clairement les défis et cherchez des stratégies pour les gérer.
La crise.
Nous avons l’impression de détester cet endroit, ce travail, l’organisation qui nous a envoyés ici, et nous commençons à nous demander à quel point nous nous apprécions nous-mêmes. Notre sens de l’humour nous abandonne et une mauvaise humeur prend le dessus et envahit l’espace. Nous rêvons d’être n’importe où ailleurs – au chalet ou au Congo, peu importe. Ce serait forcément mieux qu’ici. Nous voyons le monde en termes très simplistes : « nous » et « eux ». ILS sont… complétez la phrase. Vous voyez désormais clairement que ces millions de personnes présentent toutes des lacunes à bien des égards et que vous êtes le seul à être sensé et normal. Stratégie : Sachez que tout se déroule comme prévu. Tout le monde ressent cela à ce stade, qu’il l’admette ou non. Selon les circonstances et notre personnalité, nous pouvons le ressentir un peu plus tôt ou un peu plus tard, mais la plupart d’entre nous atteignent le summum de ces réactions environ au tiers de la durée prévue de notre séjour. Dites-vous : « Ça y est ! C’EST ÇA, le choc culturel ! Je n’ai pas perdu la boule. Ils ne sont pas diaboliques. C’est le choc culturel ! » Le lendemain, les choses devraient commencer à s’améliorer.
Surmonter la crise.
Trois choses peuvent se produire lorsque nous sommes en phase d’adaptation ou en plein choc culturel. Deux d’entre elles sont risquées.
Nous pouvons partir.
Ce n’est pas recommandé. Nous allons traîner ces regrets et ce sentiment d’échec pendant longtemps. Mais bon, les choses vont bientôt s’améliorer.
On peut se cacher.
Il existe des « chez-soi », des endroits où tout nous est familier. Nous pouvons rejoindre les clubs d’expatriés. Les gens nous ressemblent, parlent comme nous, plaisantent et s’amusent comme nous. Nous pouvons rester chez nous et regarder des films. Nous pouvons faire comme si nous n’étions pas vraiment là. Ce n’est pas non plus recommandé. Si nous nous trouvons dans un avant-poste isolé, il est important de trouver un chez-soi et de s’y rendre régulièrement pour nous rassurer sur le fait que tout va bien. Mais si nous sommes dans une grande ville avec beaucoup d’autres personnes qui nous ressemblent, le chez-soi peut devenir un piège. Il peut nous empêcher d’apprendre la langue, de découvrir la nouveauté, de profiter des expériences et des perspectives que cet endroit a à offrir. Nous risquons de rentrer chez nous déçus par les opportunités que nous avons manquées. Méfiez-vous du chez-soi « virtuel » que constituent l’internet, les courriels et les réseaux sociaux. Si vous savez ce que font tous vos amis la fin de semaine prochaine, c’est que vous n’avez pas vraiment quitté votre ville d’origine.
Nous pouvons profiter pleinement de la vie.
Prenez le temps et l’espace nécessaires pour être pleinement là où vous êtes, sans vous accrocher à l’endroit que vous avez quitté. Suivez les stratégies de base de la gestion du stress :
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Prenez bien soin de vous. Mangez bien, dormez bien et, surtout, trouvez un moyen de faire de l’exercice. Chantez, faites du yoga, jouez au soccer avec les enfants du coin… tout ce que vous pouvez faire. Il est important pour votre bien-être émotionnel et physique de rester actif.
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Continuez à communiquer. Parlez à vos amis ou écrivez chaque jour dans votre journal.
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Occupez-vous des problèmes. Ceci vient en dernier, car, si vous ne parlez pas ou n’écrivez pas pour réfléchir à votre situation et que vous ne prenez pas soin de votre santé, résoudre les problèmes devient beaucoup plus difficile.
Des eaux plus calmes
À mesure que nous traversons et dépassons la crise, cet endroit et ses coutumes commencent à nous sembler familiers. Nous y avons trouvé notre place. Nous menons une vie normale, mêlant un travail que nous avons appris à accomplir dans ce nouvel environnement en plus du plaisir de nouvelles amitiés et activités.
Tirer profit de notre investissement.
Au cours de la dernière moitié de notre séjour, nous continuons à accumuler des connaissances, des compétences et des attitudes qui nous rendent à la fois plus efficaces sur le plan professionnel et plus à l’aise sur le plan personnel. Les nouveaux arrivants nous regardent avec admiration. Profitez-en. Vivez et travaillez pleinement, car cela prendra fin bien trop tôt et nous regretterons ce que nous n’aurons pas fait.
Préparez-vous à la suite.
Une fois que nous nous sommes installés, il peut être difficile d’envisager de rentrer chez nous. Ce sera le sujet d’une prochaine note.
Stratégie :
Tenez un journal quotidien, depuis le moment où vous quittez votre domicile jusqu’à ce que vous soyez de retour. Il s’agit d’un journal intime, pas d’un texte destiné à être partagé avec votre biographe. Certains jours, vous écrirez plusieurs pages, et cela vous aidera autant qu’une conversation avec un bon ami. D’autres jours, vous vous contenterez de noter ce que vous avez fait et où. Quoi que vous écriviez, cela vous aidera à vivre le présent et constituera une excellente ressource pour l’avenir.
Plus de ressources :
Robin Pascoe est une Canadienne qui possède des décennies d’expérience dans l’adaptation à la vie à l’étranger – en tant que travailleuse, épouse accompagnatrice et mère. Son site web, www.expatexpert.com, propose des points de vue et des conseils utiles, que vous partiez seul ou en famille. Consultez la rubrique « Reading Room » (Salle de lecture) sur son site.