~ Trouver réconfort et soins ~
Maria Ariza au bureau régional du FNUAP pour l’Amérique latine
Coordinatrice régionale de la violence centrée sur le genre
Alors que les conditions de sécurité et économiques du Venezuela continuent de se détériorer, des centaines de personnes fuient chaque jour en quête de sécurité et de meilleures conditions de vie. Les mouvements de population se poursuivent sans relâche : plus de 6 millions de réfugiés résident dans des pays d’accueil d’Amérique latine et des Caraïbes. Le Brésil ne fait pas exception. Selon la Plateforme de coordination pour le Venezuela R4V, le pays accueille à ce jour 489 000 personnes. Entre 500 et 600 personnes entrent chaque jour dans le pays à pied, par des points de passage frontaliers réguliers et irréguliers, après avoir traversé des terrains accidentés et enduré de multiples menaces pour leur sécurité et leur dignité, notamment des pillages, des vols à main armée, de l’exploitation sexuelle et d’autres formes de violence centrée sur le genre[1]. Selon les constatations de l’IOM, certaines femmes empruntant la route de Santa Helena vers l’État de Roraima ont dû échanger des relations sexuelles contre le transport et un hébergement temporaire pendant le voyage[2].
Après ce périlleux voyage, les réfugiés et les migrants sont pris en charge dans des zones d’accueil gérées par le gouvernement qui abritent des bureaux d’agences de l’ONU et d’ONG, où ils peuvent accéder à des services multisectoriels vitaux comme l’hébergement temporaire, l’aide en argent comptant, les soins de santé, les procédures de régularisation ainsi que des services de protection et des services communautaires. Dans ces zones d’accueil, le FNUAP gère des espaces sûrs pour les femmes et les filles, une intervention programmatique à part entière qui permet aux femmes de participer à des activités améliorant leur bien-être et facilite leur accès aux services vitaux de lutte contre la violence centrée sur le genre. L’éventail d’activités offertes dans ces espaces permet aux femmes de s’exprimer librement et en toute sécurité, de reconstruire des réseaux de soutien et, par le fait même, de réduire le risque de violence centrée sur le genre et de prévenir d’autres préjudices. Grâce à l’animation habile des activités de groupe par le personnel du FNUAP et au rapport de confiance établi lors des séances individuelles, les femmes et les filles réfugiées et migrantes ont l’occasion de discuter librement des défis et des facteurs de stress auxquels elles font face, de tisser des liens de confiance et d’empathie avec leurs pairs et d’être orientées en toute confidentialité vers des services de santé reproductive et de gestion de cas de violence centrée sur le genre.
CANADEM a déployé deux experts qui forment le personnel des centres pour femmes et filles de la région de l’Amérique latine à la gestion de cas et au soutien psychosocial ainsi qu’à l’animation d’activités de groupe, et qui offrent mentorat et supervision aux gestionnaires de cas. Leur travail contribue à maintenir la qualité des activités offertes dans les espaces sûrs pour les femmes et les filles et aide les gestionnaires de cas à mieux servir les femmes à risque, y compris les survivantes de violence centrée sur le genre. Les deux experts déployés en violence centrée sur le genre aident les gestionnaires de cas à développer les compétences et les aptitudes nécessaires pour offrir des soins centrés sur les survivantes, conformes aux normes de qualité interagences.
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